A la limite de la folie, tu m'as rattrapé. A l'instant où je m'y attendais le moins, à vrai dire. Pourtant ce n'était pas comme si j'éprouvais de la reconnaissance, non, tu m'as laissé inerte. Vide, tel un parfum vidé de son essence, sans âme, sans rien. Tu aurais peut-être mieux fait de me laisser là, courir à ma perte. Je n'ai plus rien à faire içi, tu ne l'as pas compris. Cependant je ne peux pas être plus claire, maintenant c'est à toi de comprendre, c'est à moi de te sauver en te laissant t'éloigner de moi. Mais à l'inverse, cela te sera bénéfique, tu as eu beau éviter ma chute, finalement le résultat n'en est que très instable voir même totalement inutile. Ne cherche plus, c'est bien pour cette raison que je ne peux ressentir quelque chose que tu aurais apprécier à ton égard ; je peux sembler ingrate & exigeante, mais j'attendais plus de toi. Ce n'était qu'une question de temps, tu aurais du réagir plus tôt, ne pas ignorer ma détresse, la jugeant de mal être temporaire. C'est toujours plus facile de fermer les yeux, lorsqu'on veut agir il est pourtant trop tard. Ce fut le cas, à ce moment-là j'voulais juste ton attention, rien qu'un peu, des paroles réconfortantes qui auraient miraculeusement soigner la flagrante plaie abstraite qui s'incrustait progressivement en moi. Il t'aurait juste fallu un tant soit peu d'imagination pour comprendre ce que j'endurais, une faible dose de compassion à me délivrer pour qu'elle agisse là où j'avais mal. Des mots, même rien que ça, auraient satisfaits mon attente, tu n'imagines pas leur sens, leur force qu'ils peuvent avoir pour moi. & ces mots n'étaient pas compliqués, tu sais. Mais rien. C'est tout ce qui résulte de ta réaction. Je te rends responsable de mon malheur, tu m'as fait rire, tu m'as rempli l'esprit de bonheur certes, mais ce temps est révolu. Regarde, mon visage exprime le mal inquiétant et traître de mon esprit qui en est imprégné, mon corps ne répond plus, je n'ai plus la force ni l'envie de le commander. La seconde chance ne nous est pas accordée. Je ne t'en veux pas. Tu as dû maintes fois te dire que je n'avais pas de c½ur, ça je n'en doute pas, par mes réactions abusives & injustes. C'est en moi, je ne contrôle pas ce sentiment de haine quand il prend le contrôle, & pour le peu de temps qu'il me reste je refuse de tenter de le refouler, de le supprimer. Tu m'as aimé comme j'étais, ton geste, bien que tardif, me l'a prouvé, tu as aimé toutes ces choses négatives qui pouvaient exister en moi. Une première & dernière fois, je veux te montrer mon bon fond, celui que je cache souvent, alors pour cela il n'y a qu'une solution, tu la connais. Je vais renouveler l'occasion de m'en aller. Cette fois-ci tu me laisseras, d'accord ? Ce sera vite accompli, il y a longtemps que la frénésie m'habite, c'est comme si c'était fait. Pars, regarde-moi une dernière fois. Avant que je m'en aille. Pour de bon.